Torves Regards sur le Torse

Il arrive de trouver des méduses sur les grèves 

Ces flaques gélatineuses que l’on tâte du bout d’un bâton 

Contre lesquels on peste si notre épiderme les ecrase ou les effleure 

 J’ai été fut un temps, ce mot vernaculaire, adelphe du corail, cnidaire et petit bout de nacre 

En échec saignant et séchant 

Car je n’étais ni eux ni elles, et ils et elle me tâtaient me tatentt du bout d’un bâton. 

Ils et elle me tâtaient me tâtent encore parcequ’hors de femme

 hors de norme,

 hors d’homme

Déroge au genre : tu déranges.

Et comme  

J’ai grandit là où l’intime et indicible

La, ou  on te referme et on t’enferme, 

Tête en bas au placard 

Pire qu’échoué et séchant, sur une étagère 

Flottant  dans du formole ou floqué de poussière 

-Assemblage mécanique de baleine de fer et de plastique-  

Comme j’ai grandi là bas on m’as dis : tiens toi droit, pare la pluie 

 Puis on m’a refermé puis on m’a enfermé 

Là où L’invincible intime m’a dévoré l’identité

J’ai essayé de voir mon corps s’effacer mes côtes se creuser 

Puis de me fondre dans le ciel 

Et j’ai voulu puis j’ai été – la pluie fade qui la ferme

Mon adolescence s’est enfuie s’est échouée sur les rives de la scène 

Et L’an dernier 

c’est inédit j’ai dis 

adieux a l’indicible 

locomotive ou logorrhée j’ai clamé

Je suis trans, en transfert : vers rien – errance dont je suis fière 

a jamais inachevé 

Je ne suis 

Ni un homme

Ni une femme 

Ni non binaire 

Je sui trans 

Et la pluie 

j’y vois /qu’l’air 

Et la pluie 

Et la pluie perle et déperle sur mon ciré d’enfant 

Aujourd’hui j’ai 20 ans et le plastique de l’imper s’écaille – tombe en lambeaux – il y a encore ces quelques morceaux d’enfance qui me collent à la peau – écailles

J’ai si longtemps voulu me fondre m’imbiber de pluie – j’étais déjà transparente – je voulais être trans et partir – m’évaporer pour ne plus rien sentir 

Pourtant sous l’imper qui s’écaille 

ce n’est pas de la pluie mais bien du pavé 

Et mon essence diaphane c’est condensé en corps en verre en pierre 

J’aurais goûté chacuns – chacuns – des changement d’états :  et la liquéfaction et la sublimation 

Mais le dernier en date- ma gélification de fin d’adolescence- de la bruine à l’averse au gel gluant de ma chaire de méduse qui bientôt sera pierre et pavé dans leurs gueule 

La dernière en date c’est – et de loins – ma préférée 

:J’étais la pluie  je deviens le pavé 

Je tranche- méthodiquement – les chaînes – et je sors des entraves 

Les trauma-trans- generationel découpé au scalpel avec mon utérus – 

Hystérectomie 

Les regards torves sur mon torse épinglé – vous les insctueux je ne veux plus vous voir – 

L’encre du tatouage plantée dans mon téton vous crachera au visage – vous indignes de noms

Et même les filaments en mêlée -confus- dans ses mots tentacule manipule au point que je me pique me flagelle et hurle 

je les ai démêlé et je me suis pansé- j’ai tranché son entrave – épave brisé maintenant – bien ridicule dire – et dire qu’il à failli me faire enfermé 

Et maintenant que l’emprise et brisée

Ils 

Ne me toucheront 

Plus jamais

Je figerais leurs doigts – même pas digne de pierre ce sera du plâtre et je les briserais 

-moi qui suit pavé paillette béton armé

Âpres toutes ces tranches -presque un seviché 

Une place se fait peut-être enfin pour l’enfant que j’ai été et se laisser porter

  • un fragile coffret ou un château fort jouet ou ranger les dernière écailles du ciré- 

Mais elle reste muet l’enfant que j’ai été et j’ai beau l’appeler 

Nacre ! 

Et comment j’entortille mes filaments pour t’etreindre sans t’eteindre ? 

Et perles et parle moi

Nacre 

Petit assemblage mécanique de baleine de fer et de plastique 

Ce n’etait pas ta faute 

Tu ne pouvais pas dire non 

Tu n’était qu’un enfant

, nacre

Mais nacre préfère 

Le mouvement constant

Et s’enfuir et s’enfuir encore un peu pour l’instant 

Être trans en transfert et puis ne pas ne plus penser aux errance aux absence de son consentement 

Je ne sais pas si je retrouverais nacre, elle qui s’est construite autour de corps étranger – comme la brave perle qu’elle est – 

Mais je n’arrêterais pas de chercher

Et peut-être un jour, je lui proposerais la tendre joie sécure  du château fort jouet- 

Une chose est sure : 

Ce soir, 

La méduse s’est traînée à nouveau dans la mer

El à viré le sable et dévoré les regards 

-torves sur son torse

  • je ne suis plus pluie mais bien méduse de chaire de pierre et de pavé-

Maintenant : gare à MES regards. Ou vous serez figé. 


Première version


Tu es échoué

Et tu sèches

 Il arrive de trouver des méduses sur les grèves 

Ces flaques gélatineuses que l’on tâte du bout d’un bâton 

Contre lesquels on peste si notre épiderme les écrases ou les effleure 

Tu sèche, au bout de ta langue pas le début d’une réponse

Méduse, mot vernaculaire, adelphe du corail, cnidaire 

Tu sèche parce qu’il n’y a pas de réponse

Tu n’es ni eux ni elles, et ils et elle te tâtent du bout d’un bâton. 

Tu t’échoue dans leurs regards binaires, pourtant tu es cnidaire

Mais les mots le sortent pas 

Il n’existe pas de genre en chaire méduse 

Les voilà, les mots,

tapis planqué en fond de gosier 

J’ai grandit là où l’intime et indicible

La bas on te referme et on t’enferme, 

Tête en bas au placard 

Pire qu’échoué et séchant, sur une étagère 

Tu flotte dans du formole ou te floque de poussière 

Assemblage mécanique de baleine de fer et de plastique 

La bas : tiens toi droit, pare la pluie 

L’invincible intime m’a dévoré l’identité Alors j’ai fuit 

A 15 ans le confidentiel 

A 16 ans la pudeur et la prudence 

A 17 ans mes anciennes syllabes 

A 18 ans le glacial de de cette ville 

A 19 ans, enfin 

Je m’échoue avec toi sur les rives de la scène 

et c’est inédit je dis 

adieux a l’indicible 

Pourtant 

Je sèche 

Moi aussi ils me tâtent 

Moi non plus

Je ne sais quels mots leur servir 

Alors je vais en dire beaucoup, trop peut-être mais tant pis : 

Je suis trans, en transfert : vers rien – errance dont je suis fière 

a jamais inachevé 

Je ne suis 

Ni un homme

Ni une femme 

Ni non binaire 

Je sui trans 

Me croire femme ou homme est aussi absurde que me croire parapluie 

Encore que 

Je préférerais parer la pluie 

Elle ne sera jamais aussi acide que vos regards 

Lantiponne donc :