Ou vas-t-on, quand on est queer et crip ?

Ce texte a été écrit pour le Fanzine des archives Queer montpelliéraines, organisé par @ ecrits_du_queeristan.

Je met l’eau à bouillir, 3 minutes 30 pour cuire un œuf. 

Et pendant que je regarde le blop blop de l’eau quelque chose me triture comme si j’avais l’omoplate déplacé ou qu’elle avait gonflé. 

Et je capte au moment de la pincée de sel :

je me sens queer dans la communauté.

Queer comme en anglais, queer comme avant que ce soit cool, queer comme l’insulte. Queer comme cringe. Queer étrange – Queer en cage 

queer tanné et bouillis. Queer devoré a la petite queeillère. 

Queer comme un oeuf a la coque. 

J’ai peur, qu’encore on me dises que je suis trop, ou bien que je suis mal – Mal trans, mal lesbienne, mal ace. 

Parce qu’on me l’a dis tellement et sur tellement de tons.

C’est cette peur qui s’est logé dans mon omoplate et qui gonfle et gonfle jusqu’à m’étouffer. 

archives queer ; en moi comme un implicite : il faut qu’elles soient joyeuses soudées scellées; comme un anniversaire; 

Mais mes archives à moi c’est la maison en bazar quand tout le monde est parti et qu’il faut ranger et qu’on est seul comme une casserole sur le pavé. 

Ces archives me tordent les boyaux sans joie. 

Et la quelque chose d’autre encore me déchire- Ça s’appelle de l’ambivalence et un jour – je sais je crois que ça pensera les plaies – mais pour l’instant c’est la lame et ça me blesse parce qu’il n’y pas, parce qu’il n’y a jamais qu’un côté de la pièce que je ne veux pas renvoyer la violence, je ne veux pas que ma douleur dérange mais. Ma douleur est la. Et elle n’efface ni ne remplace aucune joie aucun sourire aucun joli souvenir mais. Elle est la. Et aujourd’hui c’est ça je crois que j’ai besoin d’écrire. 

J’ai eu beaucoup de mal à me sentir légitime à participer à ce zine. 

Parceque, malgré le fait que j’entame ma troisième année à Montpellier, je ne suis toujours pas un « queer montpelliérain ». 

J’ai le sentiment de n’être pas vraiment une part des archives queer montpelliéraine, parceque queer à Montpellier, je l’ai été majoritairement dans mon appartement. 

Et parce qu’il y a 

Le vacarme des bars 

L inaccessibilité des lieux 

L’emprise

Les violences intra-

Le validisme 

Les codes sociaux implicites implacables

La sexualité partout sans distinction, la sexusociéte qui reste encore toujours inifugée

: je me sens queer seul casserole. 

l’eau bouillante qui déborde – 

Lantiponne donc :