
Photos par Lea Saint Martin (Merci fort, Léa, de toujours capter si justement les regards, les liens, les ombres et les reflets)
J’ai commencé à explorer les morphologies par le métal il y a plusieurs années, avec différents médium – du cuivre que je récupérais de câbles électriques ou des restant de bobines de bijouterie –
La première figure règne toujours sur ma chambre d’enfant, perchée sur une étagère, avec ses sept petits centimètres de hauteur
À l’époque tout était plus rigide – les courbes définies, épurés
Et puis, je suis arrivé aux beaux arts
Là bas j’ai vu mes espoirs comprimés à la presse hydraulique du prétendu « monde de l’art »
Mon corps a été ratatiné par ce rythme et cette pression, je ne mangeais plus et j’avais du mal à garder les yeux ouverts – un jour de décembre, je me suis pris une voiture
La colère m’a rattrapé et m’a relevé,
J’ai voulu, pour mon bilan ( sorte d’évaluation) leurs montrer ce qu’ils m’avaient fait.
Alors, j’ai commencé à bidouiller ce fil de fer – c’était brouillon, avant je n’aurais jamais laissé tellement de noeuds –
Je voulais écraser cette forme humanoïde comme je l’avais été
Mais j’ai vu cet esprit se former devant moi – et je n’ai pas pu
j’étais si seul, je n’ai pas pu
Depuis ce moment – plus d’un ans maintenant – je tisse et tisse et tisse des esprits pour me tenir compagnie
Je retapisse les murs
j’espère que certains d’entre eux trouveront d’autre corps esseulés à consoler
– j’ai peur un peu
On a toujours peur je crois de laisser ses noeuds s’éparpiller
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Les esprits suivants sont en vente, pour en savoir plus : collecte de fonds.



