In – Timm

prémonition d’audace
Ça a commencé par un auriculaire qui se soulvais en rythme – tout honteux et penaud – iels se croyais médiocre.
Et puis bien à l’abris du moindre globe oculaire le mouvement a pris de l’ampleur.
Éclot dans des lieux vides et full défauts.
Jusqu’au jour où j’ai déposé une caméra contre un mur pour grapher le mouvement.
Et la pellicule c’est déroulée dans les carte mémoire – et graille et graille l’espace de stockage.
Alors j’ai entrebâillé un volet et laissé entrer un rayon de courage.
Et par ce minuscule trait, progressivement, en appuyant sur « poster » j’ai élargi l’entrebâillement de ma fenêtre de tolérance.
Jusqu’à ce présent
où j’arrive à oser.
Malgré les corps qui passent.
J’apprends à occuper l’espace de la rue, à m’y sentir à l’aise.

31 Décembre
ma respiration fume comme si j’allais tout cramer tellement il fait froid
mais je le crie plus fort .

1er Janvier
et pour la première fois
D’une période recroquevillée dans ma coquille, où je peinais à poser le pieds dehors, j’ai réussi à construire une confiance qui me permet de faire liens entre les espace et les émotions que je traverse, en y dansant, de nuit, de jours, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il crame.
La fenêtre – lumière froide – Novembre
.
Documenter cette expérience de régulation de mon système nerveux par des mouvements de stim (self stimulatory behavior, terme qui désigne tous les comportements sensoriels qui apaisent), m’a permis d’observer ma sinueuse rémission de cette maladie vicieuse qu’est le regard des autres, d’apprendre à jouer avec les infrastructures urbaines, et de connaître les lieux que je traverse presque comme ma poche.
Mars – la ruelle au réverbères
Breaking news :
j’etais une poupée disloquée, ce soir je serais une loque, demain jdeviens un transformers
.
Vivre un nouveau lieu, c’est le décortiquer pour comprendre ou poser ma caméra, et sur quelle surface danser.
C’est noter les odeurs, les trajets, la température de ce qui remplira mes poumons, les éclairages publics, et les reflets dans les flaques.
Si je pose les pieds par chez vous ce sera pour écrire, improviser du mouvement, filmer, photographier et déclamer.
