
aujourd’hui on va parler de trucs un peu crade de la communauté queer, qu’on a souvent pas envie de regarder
je vais en parler à partir de mon expérience perso, mais je pense que c’est pas une expérience hyper unique.
Aussi loins que je m’en souvienne, j’ai été un enfant harcelé
c’était ma norme – je crois que pour certaines part de moi, c’est encore la norme
l’isolement, les insultes, les moqueries
il s’avère que, askip, un individu qui se construit dans un environnement instable va développer des stratégies de survies, souvent désastreuses et destructrices, pour ellui et pour les autres
Perso j’en ai eu plein, en fin d’adolescence notamment j’ai eu celle qui a été la plus facile à identifier : un rapport à la sexualité basée sur la croyance qu’il fallait que je performe sexuellement pour recevoir de l’amour et une manière de me blesser sans en avoir l’air.
Ça a été la seule pratique « active » de self harm qui est devenue une stratégie dans ma vie, et elle est encore difficile à naviguer parfois.
Mais j’ai pas de mal à en parler, parce que ça fait longtemps que j’y réfléchi et que c’est facile de regarder seulement le mal que ça m’a fait, et pas comment ça a pu impacter les autres (ce sera pour plus tard, c’est au programme de ma thérapie mais j’ai d’autres trucs à traiter avant).
Par contre ce soir je viens de percuter une stratégie beaucoup plus honteuse et qui me donne une image beaucoup moins confortable de moi même.
ça fait un bout de temps que je tourne autour, en réfléchissant aux bails de call out, de gestion des conflits, de dynamique de potin, etc. donc c’est peut-être pas tant une breaking news que ça.
Ça viens d’une tentative, ces derniers mois, de :
– moins baser mes liens sur le fait de parler des trucs nuls qui nous traversent, et essayer de les nourrir avec autre chose que de la critique et des ennemis communs
-pas donner les noms des gens avec qui je suis en conflit, quand j’en parle
Étant donné que je suis la pire des pipelette et que j’ai – 15 de discrétion, pas nommer les gens c’est un exercice beaucoup plus difficile que je ne croyais, donc je me foire beaucoup.
Ça fait sens, vu qu’on est beaucoup à avoir été harcelé, qu’on ai ces réflexe, de s’organiser autour des conflits et des violences. Ça fait sens, et comme on a tous des systèmes nerveux en alerte à cause de la violence, on fonctionne par défaut sur des échelles de temps d’urgence.
Et : je constate que j’ai du mal à faire la différence entre parler de chose pour pas rester tout seul avec, et parler des même choses d’une manière qui construit de la connivence sur le fait de critiquer quelqu’un.
et puis, ça vient d’un souvenir qui m’est revenu :
quand je suis arrivé au collège j’ai eu mes permiere expérience qui ressemblaient à de l’amitié
et au passage cette découverte assez nette d’une stratégie hyper efficace pour nouer du liens : être attentif aux conflits, et se positionner stratégiquement pour qu’ils renforcent des alliances
dis un peu crûment :
j’ai capté que là où il y avait de la douleur, de la colère ou de la trahison, il y avait des nutriment facile d’accès pour alimenter mes propres liens.
c’était toxique, ça dégénérais vite, mais ça tenais la tête à la surface de la solitude. ça m’a permis de pas me noyer dedans.
dis encore plus crûment
depuis le collège, je suis un charognard de la hargne des autres.
Et mine de rien, ménestres et ménestrels, chaque fois que je me connecte à insta, je constate que je suis pas le seul.
Ça fait quatre ans que je suis à montpellier, et ça fait 4 ans que je nous regarde nous entre-bouffer. (et là encore, j’en ai conscience, je participe au festin)
Ça fait quatre ans que je regarde les polycule et les équipe se former et se déformer au rythme des accusations.
On sais pas trop à quel jeux elles jouent ces équipes, mais elle existe, elle prenne la place, et parfois j’ai l’impression qu’on est très proche de se mettre à prendre les paris.
On est un bel essain de vautours, tous.
Et ça me fatigue.
Ça me fatigue de voir qu’on met une dose de chantilly de vocabulaire militant sur les adelphes qu’on jette sous le bus, pour pouvoir les manger en ayant l’air civilisé et « radical ».
Ça me fatigue qu’on soit toujours à l’affût du prochain conflit qu’on pourra graille.
J’ai pas la solution, mais je constate et ça me soule.
Du coup, le choix que je fait, c’est d’être lent.
De pas répondre vite. De pas aller lire les commentaires activants.
De pas raconter tout les détails de toutes les histoires à tout les gens que je croise, pour vérifier si iels sont dans mon équipe ou dans l’équipe adverse.
Le choix que je fait, c’est de prendre de la distance le plus silencieusement possible. Pour par nourrir les rouages – ou moins, en tout cas.
Pour aller dans les details, il y a l’exemple de cette idée que nommer les violences qui se produisent au seins de la communauté lesbienne, c’est de la lesbophobie. (et si c’est le cas, je veux bien faire parti des grands méchants lesbophobe)
Ça fait plus de deux ans maintenant que je me suis mis à écrire : oui, tout les hommes. Parceque tout le monde.
Oui, toutes les femmes.
Parceque tout le monde.
Et, oui, toutes les lesbiennes.
Parceque tout le monde.
Moi y compris.
Lutter contre l’inceste, c’est aussi comprendre ça. C’est un peu ce que Cécile Cee dis dans son post sur le rassemblement pour lyhanna. Pour que la culture de l’inceste se maintienne, il faut que tout le monde y participe. Et tout le monde joue un rôle. Être ou avoir été victime n’est en rien une garantie de ne pas être agressaire. Parceque les agressaire ont souvent été victime. Parcequ’il y a des enfants victime agressent d’autres enfants. Parceque pour l’incestuel il faut que tout le monde se taise, et soutienne.
J’ai un souvenir d’une vidéo d’allistaire Houdoyer (justement, celle qui demande « les hommes trans sont-ils des ordures comme les autres » ou un truc du genre) où il dis que la violence est un choix. C’est flou, mais je me souviens que j’avais ticqué. Parceque je me représente pas du tout quelqu’un qui se dirait « Mouhahaha, je vais être violent maintenant, car je le choisis »
Et ce matin en en parlant en thérapie, j’ai compris.
La violence, c’est pas un choix actif. C’est pas « tiens, à cet instant T, je choisis d’être violent. ».
C’est un choix passif. Chaque moment où on ne choisis pas conscienmment de regarder notre violence, et de l’enrayer, on choisit d’être violent.
Parce que la violence, c’est la norme. C’est la baseline sur laquelle on évolue.
Particulièrement dans des communautés très traumatisée avec des systèmes nerveux hyper activés en permanence.
La conclusion que je tire de ma sceance de psy de ce matin, c’est que la violence peut devenir un choix actif qu’on refuse quand on as un système nerveux régulé et élastique, quand la norme est redevenue une forme de capacité à naviguer sans œillères.
En attendant ça, et pour y parvenir, le choix actif, c’est de s’extraire du cycle de la violence. Être lent. Pas aller lire les commentaires sur instagram qui risquent d’activer. Prendre soins de son corps et de ses émotions.
Touver de la place pour se construire une valeur intrinsèque qui sera pas boulversée par la honte d’avoir été violent.
Faire de l’auto-compassion.
Et surtout, se préparer et s’entraîner a regarder les moments où on est violent. Se préparer et s’entraîner a ne pas penser que comme on as été victime, on est incapable d’être agresseur.
Tout en faisant attention à ne pas invalider les émotions qu’on traverse, les injustices et les oppression qu’on rencontre. Tout en continuant de nommer la violence qu’on se prends dans la gueule.
Un peu plus haut, j’écris « tout les hommes, parceque tout le monde. et toutes les femmes, parceque tout le monde. » (et toutes les personnes enby et genderfuck, bref).
Le truc majoritaire qui me fait me dire ça, c’est que ma génération et les génération du dessus, on nous a pas appris à consentir. (et j’espère que ça change, mais j’ai pas trop l’impression qu’on apprenne en ce moment aux enfant et aux ado ce que c’est que le consentement)
Et si on sait pas consentir sois même, comment on fait pour s’assurer du consentement des autres ?
Vous m’impressionnez beaucoup, les gens capable d’affirmer que vous avez jamais violenté personne. Parceque moi j’ai aucune idée du mal que j’ai fait quand je savais même pas que je vivais des violences tellement c’était normal pour moi.
Je sais plus trop où j’allais avec cette reflexion sur la violence, mais ce que j’en tire, c’est que Y’a beaucoup de charogne à graille comme la violence est partout. Que je veux faire le choix actif de sortir des cycles de la violences.
Je crois que le charognard que je suis veut devenir Vegan. J’ai envie de nourrir mes relation d’espoir plutôt que de carne de conflit.
Je crois que ça veut dire accepter aussi, que je ne suis pas qu’une victime fragile et innocente qui a raison tout le temps. Je suis aussi un gros monstre. Et même que c’est pas la lune qui me transforme, mais les trauma.
Hier j’ai été déclenché, et ça m’a envoyé faire un voyage dans le temps, il y a quelques années en arrières, quand j’etait dans une relation d’emprise.
Et j’ai senti le récit qui dit que je suis la victime ultime s’enclancher. Je me suis vu devenir dangereux au fil de ce récit.
J’allais écrire que je me demande comment on en sors, mais je me rends compte que j’ai ma réponse. Lentement. En le regardant. En le nommant. En m’éloignant des zones de risque quand je suis un aléa, pour éviter les catastrophes.
En trouvant des zones sans risque pour vivre mes Aléa- émotion sans croire que je suis une catastrophe.
Je reboucle avec l’inceste : J’ai vécu des violences quand j’étais enfant. Je porte en moi l’héritage transgenerationel de l’inceste. Ça coule dans mes veines. Et je peux pas l’éradiquer. Je porterais toujours en moi le potentiel de devenir l’incesteur ou son soutien silencieux.
Je peux pas l’éradiquer, mais je vais tout faire pour pas le transmettre.
Ce travail, ces trucs que je réfléchi, les critique de la communauté que je formule, ce potentiel de violence et ces comportements de charognards pas encore bien enrayés, j’ai l’impression que ça fait que je me retrouve de plus en plus dans la position de grand méchant de l’histoire.
J’essaye de prendre de la distance et d’accepter. J’essaye de pas être affecté. J’essaye d’être stable, lent. D’entendre les critiques. De pas laisser la honte m’empêcher de voir les endroit où j’ai été violent.
Mais, si je peux me permettre, quand vous voulez que je soit le grand méchant de votre histoire, je vous demande à minima de m’offrir un manoir delabré, ou un fauteuil qui tourne – plein de piques. (Les cornes, c’est bon : je suis autonome.)
Auto critique :
Je trouve que cet article est confu, et qu’il mélange beaucoup de choses. Les images sont utilisées de manière pas forcément hyper cohérente, notamment l’expression « grand méchant » qui a au moins 3 sens différents à 3 endroits différents.
Hors, la confusion, ça génère souvent de la violence.
C’est une exploration et j’ai la flemme, donc je vais laisser les choses en état.
Mais grand même, je met une bille sur ce truc interessant du fait que y’a encore un cycle de violence dans le fait de parler de violence de manière confuse. Et puis comme je le disais à propos de l’emprise VS les identités liminale (bi, enby, ace, enfance) le flou, c’est autant un outil de danger qu’un espace sécurisant à découvrir, selon les contextes.
Et ça, intrinsèquement, ça me confuse.

Lantiponne donc :